lundi 1 avril 2013

Dans les entrailles du Palais - L'histoire de l'exposition

L’histoire de l’exposition


Je pense que l'histoire de cette exposition est importante à connaitre, afin de savoir comment les graffeurs de la rue se retrouve inviter au Palais de Tokyo, toutes portes ouvertes.
Tout commence par Mausolée.

Mausolée : 


En 2010 Lek trouve un endroit abandonné à coté de porte de la villette, un parking de supermarché fermé, vierge de tout graf’. Ils font alors appel à leurs amis pour réaliser des graff dans tout le bâtiment, un travail de collaboration qui leur permettent de réaliser une vidéo montrant l'étendue de leur travail.
Lek et Sowat et leurs amis travaillent régulièrement en collaboration, ils cherchent des endroits isolés pour avoir le temps de travailler et de finir leurs créations. D’un autre coté ils sont très spontanés dans leurs travaux et s’inspirent des lignes architecturales du lieu pour créer.
Pour les intéressés, la vidéo décrit l’endroit pour y aller et ‘visiter’ les lieux transformés par les graffeurs.
Leur technique, leur art, va au-delà du graffiti traditionnel qui consiste à répéter à l’infini sa signature qui peut être vu comme l'extrême de la signature dans l'art du XXIème siècle. 


Imaginez l’imaginaire


Suite à la mise en ligne de leur vidéo, le journaliste Hugo Vitrani propose à Lek et Sowat à l’artiste performer John Giorno, poète américain réalisant des vidéos et des sons, invité pour l’exposition Imaginez l’Imaginaire au Palais de Tokyo en 2012.

Ils ont suivi le travail de John Giorno qui consiste à se servir de lettres géantes adhésives, pour former un poème en négatif.
Ils jouissaient d’une liberté totale, et n’ont jamais eu besoin de présenter ni esquisses ou ni projets. 
Les oeuvres avant que les lettres adhésives ne soient retirées
Le premier : JUST SAY NO to family values, réalisé à l’acrylique appliqué au rouleau car ils ont reçu de très mauvaises réflexions telles que « ils n’ont rien à faire dans une institution » ou « partez, on en voit déjà assez de tag » ou encore « votre place c’est la rue ». C’est pourquoi ils ont décidé de rester « sage » et de réaliser cette oeuvre sans utiliser de bombes et sans faire de graffiti (inscrire une signature).
Quant à la deuxième œuvre, a Hurricane in a drop of cum dans une optique totalement différente de la première, ils ne l'ont réalisé qu'avec des tags et des graffitis pour justement, répliquer à ces réflexions. Tout comme pour l’autre œuvre ils n’ont eu aucune demande d’autorisation et c’est cette création spontanée et revendiquante qui a beaucoup plu.
Malgré tout, les critiques n’étaient pas toujours positives, et dans une seconde optique de rebellion/ vandalisme, ils ont récupéré les lettres adhésives (sans l’accord de John Giorno) et les ont collé sur un mur en face de la salle du vernissage. 
Cet acte et sa mise en scène a plu à beaucoup de personnes dont Jean de Loisy, directeur du Palais de Tokyo. Suite à cette performance, il a ouvert les portes du palais aux graffeurs, Hugo Vitrani est devenu le conseillé artistique, Lek et Sowat invitent alors Dem189 à gérer ce projet d’une grande liberté dans un lieu hors du commun pour les graffeurs.



 LE PALAIS :


Pour respecter leur art et l’endroit d’où ils viennent, le palais leur propose une partie reculée et inconnue du public pour qu'ils puissent s'exprimer librement.



Ils avaient le choix entre deux sorties de secours inutilisées. Lek, architecte, a choisi celle- ci car elle présentait beaucoup de cassures, des formes très architecturales, et on peut délimiter 3 zones, presque des pièces à part entière. Leur idée était de se retrouver dans les entrailles du Palais, dans un endroit inconnu du public, en créant un cheminement de la lumière vers l’obscurité.
Cette exposition continue quelque part leur travail Mausolée, qui consiste à des collaborations, mettre en avant le coté spontané de leur création, sans esquisse ni projet, et comme pour Imaginez l’imaginaire, ils n’ont eu besoin d’aucune validation par un commissaire pour réaliser leur œuvre.



Ayant les clefs du Palais, ils invitent une quarantaine de graffeurs pour participer à une création immersive, pour donner l’impression de rentrer dans quelque chose de graphique avec un aspect un peu violent, mais en même temps on peut s’arrêter sur les détails, les finesses, ils ont créé un équilibre entre macro et micro. L’exposition peut-être alors vue de deux façons différentes.

Le nom des participants inscrit par le Palais


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